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Kolda devient une région productrice du riz irrigué, aprÚs Saint-Louis

Durant la campagne agricole de 2016-2017, la rĂ©gion de Kolda a obtenu 31% de la production nationale de riz pluvial. Elle se classe ainsi deuxiĂšme derriĂšre la rĂ©gion de Saint-Louis, principale productrice de riz irriguĂ© au SĂ©nĂ©gal. Ceci est rendu possible grĂące aux efforts consentis par l’Etat et l’engagement sans faille des producteurs Ă  s’adonner Ă  la riziculture pluviale.

‘’Kolda nourrit Kolda’’. Ce slogan lancĂ© par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Pape Abdoulaye Seck, est aujourd’hui en phase de devenir une rĂ©alitĂ© dans la capitale du Fouladou. Car Kolda est devenu une rĂ©gion productrice du riz pluvial. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’Ɠil sur les statistiques agricoles de ces derniĂšres annĂ©es. De 30 000 tonnes de riz en 2014, la capitale du Fouladou est passĂ©e aujourd’hui Ă  plus de 180 000 tonnes par an. La valeur extra-sectes des Ă©quipements plus le coĂ»t des formations sont estimĂ©s Ă  150 millions de francs CFA. Durant la campagne 2014-2015, elle a contribuĂ© Ă  hauteur de 12% sur la production nationale. En 2015-2016, il y a eu un saut qui a Ă©tĂ© observĂ©. En somme, les statistiques ont montrĂ© qu’il y a eu une avancĂ©e de 18% de la production nationale. Un taux passĂ© Ă  31% pour la pĂ©riode 2016-2017.

Le Directeur rĂ©gional du dĂ©veloppement rural (DRDR) Abdoulaye SidibĂ© s’en rĂ©jouit. ‘’Ces rĂ©sultats tangibles et visibles rassurent que Kolda constitue vraiment un tournant et une rĂ©gion incontournable en matiĂšre de riziculture pluviale. Actuellement, nous avons remarquĂ© que le riz est cultivĂ© partout dans la rĂ©gion, surtout avec une panoplie de variĂ©tĂ©s nĂ©ricas dont la rĂ©gion dispose’’, explique-t-il. Le coordonnateur du Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR), Waly Diouf, de poursuivre qu’avant 2014, la rĂ©gion produisait au moins 30 000 tonnes de riz. Aujourd’hui, c’est plus de 180 000 tonnes qui y sont produits. Ces acquis, il les met sur le compte de l’appui de l’Etat du SĂ©nĂ©gal.

Les effets consentis par l’Etat du SĂ©nĂ©gal

FavorisĂ©e par des spĂ©cificitĂ©s agro-Ă©cologiques et socioculturelles, Kolda bĂ©nĂ©ficie Ă©galement du soutien du gouvernement appuyĂ© par la coopĂ©ration japonaise. Cette collaboration a permis de mettre trĂšs tĂŽt Ă  la disposition des riziculteurs quatre types d’équipements. Il s’agit des motoculteurs super Ă©quipĂ©s qui permettent de faire du labour et du transport. Des semoirs favorisant l’économie sur les semences et un gain de temps pour l’opĂ©ration culturale qui consiste au semis. Des dĂ©cortiqueuses et des batteuses ont Ă©tĂ© Ă©galement mises Ă  la disposition des riziculteurs sans compter les 45 tracteurs remis Ă  des producteurs et organisations paysannes, de 2014 Ă  nos jours. « Ceci fait que le temps de chaque opĂ©ration culturale est rĂ©duit et les travaux de ces opĂ©rations allĂ©gĂ©s. Car, dans les zones limitrophes comme le dĂ©partement de MĂ©dina Yoro Foula, les populations allaient jusqu’en Gambie pour pouvoir dĂ©cortiquer le riz.

Aujourd’hui, cette souffrance est devenue un vieux souvenir‘’, soutient Waly Diouf. A en croire Abdoulaye SidibĂ©, il y a eu d’abord 60 Ă  70% du matĂ©riel lourd comme les tracteurs, et du matĂ©riel lĂ©ger, (semoirs, houssines, charriots etc.) qui ont Ă©tĂ© mis Ă  la disposition des producteurs. L’Etat du SĂ©nĂ©gal ne se limite pas Ă  donner aux producteurs que des Ă©quipements. DerriĂšre chaque motoculteur, l’Etat compte crĂ©er au moins deux emplois.

 Formations et semences certifiées aux producteurs

En fait, outre la dotation en matĂ©riels, l’Etat envisage de former les producteurs de riz afin qu’ils puissent bien manipuler les Ă©quipements et les gĂ©rer pour arriver Ă  de meilleures productions et des rĂ©sultats positifs.  ‘’Nous voulons que ces Ă©quipements puissent ĂȘtre utilisĂ©s de façon durable par les producteurs. Les recettes issues de ces Ă©quipements seront gĂ©rĂ©es par des gestionnaires bien formĂ©s’’, explique le coordonnateur du PNAR.

D’aprĂšs lui, ‘’la valeur extra-sectes des Ă©quipements plus le coĂ»t des formations qui vont suivre tournent autour de 150 millions de francs CFA’’. La quantitĂ© d’intrants a Ă©tĂ© aussi augmentĂ©e. Car, avant 2014, au moins 300 tonnes de semences de riz paddy ont Ă©tĂ© distribuĂ©es par l’Etat. De 2015 Ă  nos jours, les riziculteurs ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de plus de 2 000 tonnes, cette fois-ci, de semence certifiĂ©e. Toujours sur les initiatives qui ont permis de faire de Kolda une zone rizicole aprĂšs Saint-Louis, il faut citer l’augmentation des terres emblavĂ©es. De 2014 Ă  ce jour, c’est un peu moins de 5 000 hectares qui ont Ă©tĂ© emblavĂ©s. Parce que justement l’Etat a tenu compte de l’ensablement des vallĂ©es. C’est pourquoi l’Etat est en train de travailler pour renforcer les efforts qui ont Ă©tĂ© fait dans ce sens.

Au demeurant, les efforts consentis par l’Etat dans le domaine de la production du riz ont eu Ă  engranger des rĂ©sultats satisfaisants dans la rĂ©gion de Kolda. MĂȘme si au-delĂ , il y a le vĂ©cu et l’expĂ©rience des principaux acteurs qui ont aussi impactĂ© de maniĂšre trĂšs significative sur les rĂ©sultats obtenus. Ce qui reste, c’est davantage de concertations entre l’Etat et les organisations paysannes afin que le riz produit localement soit bien transformĂ© et mis Ă  la disposition des consommateurs. Sinon, les efforts consentis seront vains car les populations auront toujours les yeux rivĂ©s sur le riz importĂ©. Des difficultĂ©s liĂ©es Ă  la commercialisation de la production, au manque de formation des producteurs, de magasins de stockage, Ă  l’accĂšs au crĂ©dit et au financement, Ă  l’insuffisance des pistes de production, Ă  la prolifĂ©ration des oiseaux granivores, Ă  l’ensablement des vallĂ©es, plombent aussi les ambitions des producteurs de la rĂ©gion de Kolda, endettĂ©s jusqu’au cou.

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